Drummondville / Centre-du-Québec

Le communautaire retire sa confiance envers la ministre Chantal Rouleau @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Les deux organisations demandent également au premier ministre de désigner rapidement un nouvel interlocuteur afin de relancer les discussions.
Une rupture dénoncée
Les groupes évoquent une « déconnexion » entre le gouvernement et la réalité vécue sur le terrain. Lors d’un exercice d’interpellation à l’Assemblée nationale, vendredi dernier, ils affirment que la ministre s’est limitée à défendre son bilan, sans répondre aux préoccupations exprimées.
Selon le communiqué, Chantal Rouleau aurait également refusé de rencontrer les représentant·es présents, se contentant de brèves salutations.
« Avec ce geste, madame Rouleau a tourné le dos à plus de 1 800 organismes en grève et à plus de 20 000 travailleuses et travailleurs du communautaire. Une telle attitude, à l’intérieur des murs de l’Assemblée nationale, un lieu hautement symbolique, est indigne de la fonction qu’elle occupe », ont déclaré Caroline Toupin, du RQ-ACA, et Mathieu Gélinas, du mouvement Le communautaire à boutte.
De passage à Drummondville dans le cadre d’une tournée régionale, en mai 2023, la ministre Chantal Rouleau avait insisté, comme le rappelait le Vingt55 lors de son passage, sur la nécessité de mieux accompagner les personnes en situation de vulnérabilité, notamment les bénéficiaires de l’assistance sociale. et organismes de la région
Elle affirmait alors qu’« on est rendu là dans notre société », plaidant pour un soutien accru afin de favoriser leur réintégration et leur participation au développement collectif.
La ministre avait également reconnu une pression grandissante sur le terrain, évoquant une hausse des besoins en aide alimentaire ainsi qu’une réalité accrue de pauvreté et d’itinérance dans la région. Elle soulignait que « les gens ne choisissent pas d’être pauvres », appelant à des interventions plus humaines et adaptées.
Enfin, elle avait mis de l’avant l’importance du rôle des organismes communautaires, qualifiant leur travail d’essentiel et réitérant l’engagement du gouvernement à améliorer leur financement, notamment à travers un plan d’action en matière d’action communautaire et la préparation d’un nouveau plan de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.
Des demandes claires
Le milieu communautaire réclame une série de mesures, dont la démission de la ministre et la nomination d’une nouvelle personne pour mener les échanges avec le gouvernement.
Les organisations exigent également la mise en place rapide d’une table de négociation, la bonification du financement du secteur — notamment par l’accès à une partie d’une enveloppe discrétionnaire de 250 millions de dollars — ainsi que le maintien du Fonds d’aide à l’action communautaire autonome (FAACA).
Une mobilisation appelée à se poursuivre
Le communiqué souligne que les démarches entreprises jusqu’ici n’ont pas permis d’obtenir de réponses jugées satisfaisantes, malgré des attentes exprimées à l’endroit de membres du gouvernement, dont les ministres Fréchette et Drainville.
Dans ce contexte, le mouvement Le communautaire à boutte et ses partenaires préviennent qu’ils maintiendront, voire intensifieront, leurs moyens de pression tant que des engagements concrets ne seront pas pris.
Sur le terrain, cette mobilisation trouve écho dans plusieurs régions, dont le Centre-du-Québec, où des organismes et intervenants suivent de près l’évolution du dossier, dans un contexte où les besoins demeurent importants et les ressources limitées.
De nombreux organismes de Drummondville ont joint le mouvement et la campagne « Le communautaire est à boutte ». @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.











