Drame rue Pinard à Drummondville – ”Suzanne avait vu sa mort venir et a souhaité que je livre un message à un journaliste”

Drame rue Pinard à Drummondville – ”Suzanne avait vu sa mort venir et a souhaité que je livre un message à un journaliste”
Steve Girard et sa conjointe Suzanne Desjardins © photo fourni par M Girard

DRUMMONDVILLE

Un drame évitable selon Steve Girard, le compagnon de vie de Suzanne Desjardins, 57 ans, retrouvée sans vie dans sa demeure de la rue Pinard à Drummondville, elle lui aurait délivré un message à transmettre dans les médias s’il lui arrivait quelque chose de grave ou si elle était tuée par son fils.

M Steve Girard et enquete BEI @ Éric Beaupré Vingt55. Tous droits réservés.

Steve Girard a tenu une promesse difficile mais importante, il a choisi de livrer son message au Vingt55, espérant que le message soit aussi entendu et repris et que ce message soit surtout entendu auprès des gouvernements, de ceux qui ont le pouvoir de faire changer les choses a soufflé Steve dévasté, par la perte de celle avec qui dans 4 jours, il allait fêter 2 ans d’union amoureuse.

‘’ Tout s’est passé si rapidement, maintenant, je ne peux que respecter l’engagement que j’ai pris envers elle avant qu’elle ne meure’’. Une fin tragique qu’elle avait senti venir, croit Steve Girard ‘’Ça ne s’explique pas mais elle le savait, elle le voyait venir, un jour, comme un scénario improbable pour lui mais, qui aura finalement coûté la vie de cette mère de famille dévouée.

Une aide qui n’est jamais venue – Une mère abandonnée par un système de santé et judiciaire.

Suzanne a fait savoir à Steve que les policiers n’ont pas pu l’aider eux non plus, ‘’S’il ne vous a pas provoqué, menacé ou s’il n’est pas une menace pour lui, nous ne pouvons rien faire, lui aurait répondu un policier, s’appuyant sur la loi actuelle, qui ne lui permet pas d’intervenir quand dans des situations très précises, a expliqué Steve Girard, portant la voix de Suzanne, cette mère de famille de 57 ans retrouvée sans vie dans sa demeure à Drummondville.

Ce message, c’est sa dernière volonté, celle d’une mère d’un enfant autiste à bout de ressources.

C’est là sa dernière volonté, sa dernière demande, celle d’une mère d’un enfant autiste à bout de souffle et de ressources, prise dans un système de santé trop lourd qui l’a laissé à elle-même et devant un système policier confronté à des lois qui les empêchent d’agir. Voilà ce que Suzanne m’a demandé de dire quelques minutes probablement avant qu’elle ne rentre chez elle et que Jean-Luc ne s’en prenne à elle, a avancé Steve Girard.

Une femme et mère de famille dévouée

Suzanne était une femme généreuse, elle rêvait de gagner au loto pour partir une ressource pour personne Autiste, pour aider d’autres mères, d’autres parents comme elle, abandonnés dans un système de santé et légal qui ne les écoutent plus, qui les laissent avec le lourd fardeau et les responsabilités d’enfant oublié ou mis de côté par le système de santé.

Son fils Jean-Luc est malade, sa mère ne pouvait plus rien pour lui, la situation s’aggravait

Selon Steve ‘‘Jean-Luc, était une bombe à retardement” il s’était fait un personnage, c’était prévisible il s’habillait en militaire, avec un béret rouge, il écoutait l’hymne national russe du matin au soir, il était dans son monde, la situation s’aggravait, a constaté Steve.

Une dernière situation qui a dégénéré, selon Steve

Dans les dernières heures, il voulait faire du tir de couteau dans le sous-sol de la maison, endroit où sa mère Suzanne l’hébergeait à nouveau depuis peu, explique Steve lors de l’entrevue.

Dimanche, elle lui a dit que le sous-sol n’était pas un bunker, elle m’a texté pour me dire que là, ça n’allait plus, qu’elle allait au poste de police demander de l’aide, ces textos furent nos derniers échanges, je n’ai plus eu de ses nouvelle après, nous connaissons maintenant la suite a-t-il dit avec émotions.

Je n’en veux pas directement aux policiers concernés ou celui qui a pris la décision qui a été prise avec les outils qu’il possédait, a tenu à dire Steve, partageant la pensée de Suzanne.

‘’ Suzanne, c’était une femme généreuse mais surtout compréhensive, elle s’est butée plus d’une fois à un système lourd et inadéquat. ‘’Oui c’est frustrant, la réponse obtenue au poste de police, mais au-delà de nos frustrations, tout comme Suzanne ou sa mère, nous souhaitons que la situation pour les familles aux prises avec des enfants autistes, schizophrènes ou présentant des déficiences intellectuelles lourdes ou importantes, change.’’

’ Elle a vu sa fin arriver, son cœur de mère l’avait deviné, elle a, jusqu’à la toute fin cru en son fils, cru en une aide qui aurait dû être là, cru en un système de santé malheureusement déficient, a-t-il confié en terminant l’entrevue, fin tragique et  a soufflé Steve avant de se diriger vers les enquêteurs du BEI qui sont chargés de prendre sa déposition et de faire la lumière sur ce qui a conduit son amoureuse, Suzanne, vers une fin tragique et surtout évitable conclut-t-il

Texto de M Steve Girard @ Éric Beaupré Vingt55. Tous droits réservés.
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