Ottawa
Le suspense aura duré jusqu’à la toute dernière seconde, samedi après-midi, lors de la finale féminine des Championnats du monde de basketball en fauteuil roulant présentée à Ottawa.
Au terme d’un duel chaudement disputé, les Américaines ont finalement eu le dernier mot par un seul point, l’emportant 77-76 face aux Canadiennes pour mettre la main sur le titre mondial, rappelle Louis-Michel Lelièvre, de Sportcom, qui était sur place pour couvrir la rencontre.
Il s’agit du deuxième championnat mondial de l’histoire de l’équipe américaine, qui avait également remporté la toute première édition des Championnats du monde, en 1990.
Pour Élodie Tessier, cette médaille revêt une signification particulière. L’athlète de 30 ans réside à Saint-Germain-de-Grantham et entretient des liens directs avec Drummondville, où elle a amorcé son parcours en basketball en fauteuil roulant avec les Vikings de Drummondville dès 2010, avant de poursuivre sa progression sur les scènes provinciale, nationale et internationale.
Malgré l’amertume d’être passée si près du titre, Cindy Ouellet et Élodie Tessier retenaient surtout l’importance de cette performance dans le parcours de l’équipe canadienne en vue des Jeux paralympiques de Los Angeles en 2028.
« Personne ne pensait que le Canada allait se rendre en finale, sauf nous. On a prouvé à tout le monde qu’on était capable de surprendre et je pense qu’on en veut encore plus maintenant. C’est plate, mais c’est ça le basket, il y a une équipe gagnante et une équipe perdante », a indiqué Cindy Ouellet en entrevue avec Sportcom.
Un départ canon du Canada
Les Canadiennes ont amorcé la finale en force, prenant rapidement les devants 9-2 après un peu plus de deux minutes de jeu.
Le Canada menait 27-20 après le premier quart, mais les États-Unis ont graduellement réduit l’écart avant la pause. Les deux formations ont retraité au vestiaire avec un pointage de 41-38 en faveur des Canadiennes.
Les Américaines ont ensuite pris les devants pour la première fois au début du troisième quart. À partir de ce moment, les deux équipes se sont échangé l’avance jusqu’au milieu du quatrième quart, alors que les États-Unis ont réussi à se donner un coussin de six points.
Kady Dandeneau a toutefois ramené le Canada dans le match et les deux équipes se sont retrouvées à égalité 76-76 dans les derniers instants de la rencontre.
L’Américaine Courtney Ryan a finalement réussi un lancer franc pour donner une avance de 77-76 aux États-Unis. Les Canadiennes ont obtenu une ultime occasion de renverser le résultat, mais n’ont pu concrétiser leur dernière attaque.
Une première médaille mondiale pour Tessier
Élodie Tessier a inscrit six points dans cette finale, en plus de récolter trois passes décisives et deux rebonds.
Cette médaille d’argent revêt une importance particulière pour la Québécoise, membre de l’équipe nationale senior depuis 2017.
« Pour les plus jeunes de l’équipe, elles vont chercher une médaille d’argent aux Championnats du monde pour commencer leur carrière. Ce n’est que le début, je suis fière de cette équipe-là. Ça fait depuis 2017 que je joue avec l’équipe nationale et c’est ma première médaille, c’est sûr que c’est une fierté malgré tout », a confié Élodie Tessier à Sportcom après la rencontre.
Kady Dandeneau a été la meilleure marqueuse canadienne de la finale avec une impressionnante récolte de 34 points, soit quatre de plus que l’Albertaine Arinn Young, qui en a inscrit 30.
Cindy Ouellet a pour sa part été utilisée pendant un peu plus de deux minutes au deuxième quart.
La foule réunie à l’aréna de la Place TD, à Ottawa, a soutenu les Canadiennes tout au long de la finale et a continué à manifester son appréciation après le coup de sifflet final.
« Les partisans ont fait la différence pendant la partie, ils n’ont jamais arrêté de nous encourager et ça nous motivait vraiment quand on avait des petits bas. Nos familles et nos amis sont là. C’était important pendant le match, mais ce le sera aussi ce soir quand on va les retrouver », a souligné Ouellet.
Plus tôt samedi, les Pays-Bas avaient battu la Grande-Bretagne 63-50 pour mettre la main sur la médaille de bronze.
Los Angeles 2028 déjà dans la mire
Au-delà de la médaille d’argent, cette présence en finale mondiale représente une étape importante pour le programme canadien dans sa préparation en vue des Jeux paralympiques de Los Angeles.
Avant d’y parvenir, le Canada devra cependant décrocher sa qualification. Deux places seront notamment en jeu lors des Jeux parapanaméricains qui se dérouleront à Lima, au Pérou, en août 2027.
« On va travailler super fort dans les prochains mois et l’été prochain en prévision des Jeux parapanaméricains et on espère vraiment pouvoir retrouver encore les Américaines en finale là-bas », a conclu Cindy Ouellet.
Élodie Tessier poursuit ainsi un parcours sportif amorcé dans la région de Drummondville il y a plus de 15 ans et qui l’a maintenant menée sur la deuxième marche du podium mondial avec l’équipe canadienne.








