DRUMMONDVILLE
C’est souvent à titre de journaliste que je prends la plume ou, le clavier, mais cette fois, c’est à titre personnel.
Je profite de ce moment pour nous offrir une pause. Le solstice d’hiver est un repère important dans l’année. Heureusement, il n’est pas commercialisé : rien ne s’achète, rien ne se donne. Ce n’est pas une journée fériée. C’est souvent une journée froide, la plus courte de l’année, marquée par la nuit la plus longue, un peu comme certains moments que nous traversons dans nos vies.
Nous avons couru toute l’année, souvent à un rythme intense, et l’approche des Fêtes ajoute son lot de pression, de bilans et de préparatifs de dernière minute. L’année 2025 n’a pas été facile pour plusieurs. Pourtant, nous avons tous besoin de repos.
Avant de nous reposer, prenons le temps de nous poser, de nous déposer une première fois, afin de nous permettre ensuite de réellement nous …reposer.
Souvent, les Fêtes sont une période de trêve. Comme le dit si bien Luc dans La Guerre des tuques : « Même à Noël, tous les pays du monde font une trêve », une référence à la célèbre Trêve de Noël de 1914, survenue durant la Première Guerre mondiale, alors que des soldats allemands, britanniques et français avaient spontanément cessé les combats pour échanger des cadeaux et des vœux.
Pour moi, c’est un rappel de mettre de côté les conflits. Et si le solstice d’hiver avait ce puissant effet, j’aime le croire : celui d’apaiser les chicanes et les différends, d’inviter à prendre le temps de se poser, de refaire le point sur ce qui a réellement mérité d’être un combat, ou non, un défi, ou non , et surtout de s’accorder le droit de se reposer, de faire son bilan et de poser un regard nouveau sur la vie, alors que cette journée est si courte.
Cette journée, qui peut paraître brève et enveloppée d’une longue noirceur, annonce pourtant le début de jours plus ensoleillés. Il faut aller au-delà des apparences. Pour moi, c’est une invitation à composer avec le rythme naturel des choses et à se poser.
C’est une journée significative. Différente, discrète, et pourtant chargée de sens. Une journée qui passe souvent inaperçue, mais qui enclenche, en silence, un grand changement.
Sur le plan astronomique, le solstice d’hiver marque chaque année la journée la plus courte et la nuit la plus longue dans l’hémisphère Nord. Il survient généralement autour du 21 décembre et s’explique par l’inclinaison de l’axe de la Terre, qui fait en sorte que notre région reçoit alors un minimum de lumière solaire. À Drummondville et dans l’ensemble du Centre-du-Québec, le Soleil demeure bas à l’horizon, la clarté se fait rare et les ombres s’étirent, même en plein jour.
Je constate que cette réalité influence plus qu’on ne le croit notre rythme et notre énergie. Le lever tardif du Soleil, le coucher hâtif et la luminosité limitée teintent nos journées. Le solstice agit comme un point d’arrêt naturel, un moment qui me rappelle que notre corps et notre tête suivent, eux aussi, ces cycles.
Mais au-delà de la noirceur, cette journée marque surtout un tournant, Dès demain, la lumière recommence lentement à gagner du terrain. Quelques secondes de plus chaque jour, presque imperceptibles, mais bien réelles. Pour moi, c’est un symbole fort, même lorsque l’on atteint le point le plus sombre, la nuit la plus longue, le défi le plus difficile, le mouvement vers la lumière est déjà enclenché.
À l’approche des Fêtes, j’aime voir le solstice comme un rappel du sens des cadeaux, bien au-delà des paquets et des rubans. »Le vrai présent », c’est peut-être celui-là, prendre le temps, ralentir, reprendre notre souffle. Dans une période souvent marquée par la course contre la montre, le solstice aujourd’hui, encore, me rappelle l’importance de me poser, comme j’aime le dire, avant de me »reposer ».
Et alors que nous allons, une fois de plus, arriver à minuit le 24 décembre, tous en même temps, et tourner la page sur une année entière, je retiens ce message simple, même dans la nuit la plus longue, la lumière revient toujours. Prenons cette journée, la plus courte de l’année, pour prendre le temps de nous poser et l’apprécier. Bon solstice d’hiver….
Eric Beaupré







