DRUMMONDVILLE
Le Domaine des Pères montfortains, un site rempli d’histoire, n’est plus @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Pendant des décennies, le domaine a occupé une place importante dans la vie religieuse, sociale et communautaire de la ville. Les Pères montfortains y avaient implanté un milieu de vie structurant, contribuant à l’essor du territoire et à l’accompagnement de nombreuses générations. Mais avec le retrait progressif de leurs activités, le site est entré dans une longue période d’abandon.
Comme l’a constaté le Vingt55, le chantier, amorcé il y a quelques jours, s’est déroulé dans la plus grande discrétion, dissimulé derrière des toiles, alors que les pelles s’activaient à la démolition du site.
Comme l’a largement documenté le Vingt55, cette inoccupation prolongée a rapidement transformé le domaine en un lieu vulnérable.
Intrusions par effraction, vandalisme, pillage de matériaux, les bâtiments ont été peu à peu dépouillés et détériorés. L’édifice est devenu un refuge pour des squatteurs et des personnes en situation d’itinérance, exposés à des conditions précaires dans des structures devenues instables.
Au fil des années, la situation s’est aggravée. Le Vingt55 rapportait notamment le décès tragique d’un homme après une chute du toit, un événement marquant qui a mis en lumière les dangers bien réels du site. À cela se sont ajoutés plusieurs incendies jugés suspects, survenus dans des circonstances parfois nébuleuses, et dont certaines causes n’ont jamais été pleinement élucidées. Les interventions répétées des services d’urgence ont contribué à confirmer l’état critique des lieux.
Depuis 2011, plusieurs projets ont été évoqués pour redonner une vocation au domaine, sans qu’aucun ne se concrétise réellement. Comme le rappelait le Vingt55, ces intentions sont demeurées à l’état d’hypothèses, freinées par la complexité du site, les coûts de réhabilitation et les enjeux de contamination. Pendant ce temps, l’édifice continuait de se dégrader, laissé sans surveillance suffisante.
En mai 2021, une nouvelle orientation a toutefois été annoncée. Comme le mentionnait le Vingt55, un projet commun entre la Ville de Drummondville et l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) venait redéfinir l’avenir du site. Ce projet s’inscrit d’ailleurs dans une vision amorcée bien avant, notamment sous l’impulsion de l’ancienne mairesse Francine Ruest Jutras, qui avait contribué à initier les premières réflexions entourant le développement d’un véritable pôle universitaire à Drummondville. Une vision qui, aujourd’hui, continue de marquer l’évolution du secteur et qui laisse une empreinte durable dans l’histoire du site.
Bien que le Domaine des Pères montfortains ait marqué l’histoire et la mémoire collective de Drummondville, le site ne bénéficiait d’aucun statut officiel de protection en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel du Québec. Ni classé ni cité à titre patrimonial, il ne faisait l’objet d’aucune reconnaissance juridique contraignante, malgré une valeur historique et symbolique largement reconnue. Cette absence de désignation formelle a notamment permis sa démolition et la requalification du terrain, marquant la fin d’un chapitre significatif du paysage urbain.
Mais entre cette vision et sa concrétisation, le domaine a poursuivi son déclin. Incendies, intrusions, occupation illégale, l’état du bâtiment s’est détérioré à un point tel que toute réhabilitation devenait de plus en plus difficile à envisager. Plusieurs citoyens ont alors dénoncé le manque de conservation et d’entretien du site, estimant que ce lieu patrimonial aurait pu être préservé ou requalifié avant d’atteindre un point de non-retour.
Ainsi, au-delà de la disparition du bâtiment, c’est aussi un débat plus large qui s’impose entre préservation du patrimoine et pressions du développement. D’autant plus que le site, laissé à l’abandon pendant plusieurs années, n’a jamais fait l’objet d’une véritable démarche de préservation, comme l’auraient souhaité plusieurs Drummondvillois, qui aurait pu permettre d’envisager sa conservation, sa reconversion ou sa mise en valeur, une volonté qui ne s’est jamais traduite concrètement, laissant le site se détériorer au fil du temps.
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C’est dans ce contexte que la démolition a finalement été entreprise. Les bâtiments, devenus trop dangereux, ont été rasés, laissant derrière eux un terrain entièrement dégagé. Une disparition qui, pour plusieurs, soulève des questions sur la gestion du patrimoine et les conséquences d’un abandon prolongé.
Parallèlement, le site s’inscrit désormais dans une vision de développement tournée vers l’avenir. Comme le rappelait le Vingt55 lors de l’annonce officielle du 14 juillet dernier, l’Université du Québec à Trois-Rivières a franchi une étape déterminante en procédant à l’acquisition des terrains de son campus à Drummondville, incluant une portion du domaine des Pères montfortains.
Ce projet vise la création d’un véritable milieu universitaire complet et structurant pour la région. Il prévoit notamment l’aménagement de résidences étudiantes, mais aussi l’intégration d’espaces professionnels, d’une offre alimentaire diversifiée et de services liés à la vie étudiante. L’objectif est de créer un environnement dynamique, capable de soutenir la croissance du campus et d’offrir une expérience universitaire complète.
Comme le soulignait le Vingt55, cette acquisition s’inscrit dans une volonté plus large de renforcer l’accès à l’enseignement supérieur en région et de favoriser la rétention des étudiants dans le Centre-du-Québec. Le projet repose sur une vision à long terme, où le site des anciens Pères montfortains devient un levier de développement pour les prochaines décennies.

Le Domaine des Pères montfortains n’est plus @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.




























