DRUMMONDVILLE
Le dossier avait été soulevé par le Vingt55 le 13 juillet dernier, alors que plusieurs résidents du secteur dénonçaient notamment le bruit, la vitesse, le non-respect de certaines règles et la perte de quiétude depuis l’implantation du projet pilote. Certains citoyens soulevaient également des préoccupations concernant la sécurité et la valeur de leurs propriétés.
Mis en place en mai 2024, puis renouvelé en septembre 2025, le projet pilote permet la circulation de VHR sur certaines rues du secteur Saint-Charles selon des conditions précises, notamment en matière de vitesse et d’heures de circulation.
Le conseil municipal devra maintenant décider
Questionnée par le Vingt55 afin de connaître l’état actuel du dossier, Anne-Elisabeth Benjamin, cheffe de division des relations publiques à la Ville de Drummondville, confirme que la prochaine étape appartient maintenant aux élus.
« Les membres du conseil vont s’y pencher au cours de la prochaine semaine, à savoir si le projet pilote est maintenu ou pas. Selon la décision, nous communiquerons aux citoyens du secteur concerné la décision ainsi que la suite des choses, le cas échéant », précise Anne-Elisabeth Benjamin dans sa réponse transmise au Vingt55.
Le projet n’est donc, pour le moment, ni officiellement reconduit ni abandonné selon les informations transmises au Vingt55 à la suite du suivi du dossier cette semaine
Cette décision doit notamment tenir compte des consultations réalisées au cours des dernières années et des commentaires transmis par les résidents concernés affirme lacheffe de division des relations publiques à la Ville de Drummondville
Trois consultations depuis 2022
La Ville affirme au Vingt55 que les citoyens ont été consultés à plusieurs reprises, et ce, avant même la mise en place du projet pilote.
Une première démarche a été réalisée en 2022 afin de dresser un portrait de la problématique. Une autre consultation a suivi en 2025, cette fois afin de recueillir les commentaires et l’appréciation des citoyens concernant la première année du projet pilote. Enfin, une nouvelle consultation a été menée en 2026, après le renouvellement de l’expérience, afin de connaître l’appréciation des résidents à la suite de cette deuxième année.
Lors de la précédente couverture du dossier par le Vingt55, la conseillère municipale Catherine Lassonde avait expliqué que le projet avait notamment été prolongé en raison du faible taux de participation à la première consultation. Elle indiquait alors que la Ville souhaitait obtenir une année complète de données avant de prendre une décision.
Les citoyens retournent devant le conseil, le dossier s’est de nouveau transporté à l’hôtel de ville lundi dernier, lors de la séance du conseil municipal.
Des citoyens du secteur se sont présentés afin d’obtenir des réponses concernant l’avenir du projet pilote. Lors de la période de questions, un résident a notamment interpellé les élus et le maire Jean-François Houle concernant les nuisances sonores associées à la circulation des VTT.
Le citoyen a également présenté un enregistrement sonore visant à illustrer le niveau de bruit qu’il affirme subir dans son secteur depuis la mise en place du projet pilote.
Ces préoccupations rejoignent celles exprimées précédemment par plusieurs résidents rencontrés par le Vingt55.
Certains dénonçaient notamment les accélérations répétées, le bruit des moteurs et des passages à des heures qu’ils estimaient problématiques.
La Ville dit avoir répondu aux requêtes pendant les deux années
Interrogée à savoir si des échanges ou des rencontres avaient eu lieu avec les citoyens concernés depuis le lancement du projet, la Ville répond par l’affirmative.
« Au cours des deux ans du projet pilote, nos équipes ont répondu à toutes les requêtes des citoyens sur le sujet, alors oui. Plus récemment, les échos entendus sont surtout ceux des citoyens qui sont venus prendre la parole en séance du conseil municipal sur le sujet », indique Anne-Elisabeth Benjamin dans sa réponse au Vingt55.
La Ville confirme également que la conseillère municipale du secteur, la direction générale et le maire ont participé à des rencontres ou à des discussions concernant le projet et son évolution, sans toutefois fournir davantage de détails sur la nature ou le nombre de ces échanges.
Des citoyens favorables au projet souhaitent également être entendus
Le débat ne se limite toutefois pas aux résidents qui réclament la fin de l’expérience. Des citoyens favorables au maintien du projet pilote et certains utilisateurs de VHR souhaitent également que l’expérience puisse se poursuivre, alors que d’autres aimeraient éventuellement voir ce type d’accès développé dans d’autres secteurs.
La décision à venir devra donc tenir compte de positions qui demeurent partagées : d’un côté, des résidents qui demandent le retour à davantage de quiétude et soulèvent des enjeux de sécurité; de l’autre, des utilisateurs qui souhaitent conserver un accès encadré permettant de relier certaines rues aux sentiers.
Dans son précédent reportage, le Vingt55 avait d’ailleurs rapporté que la Ville disait miser sur la sensibilisation et la recherche d’une cohabitation harmonieuse. Une campagne menée par les cadets de la Sûreté du Québec avait notamment été déployée afin de rappeler les règles aux utilisateurs de VHR.
Maintenir, modifier ou mettre fin au projet
La question centrale demeure maintenant de savoir si l’expérience sera maintenue, modifiée ou abandonnée. À ce chapitre, la Ville ne s’avance pas sur l’orientation qui sera privilégiée. Elle réitère que ce sont les membres du conseil municipal qui prendront la décision après l’analyse du dossier.
La consultation de 2026 devait justement permettre de mesurer l’évolution de la perception des citoyens après deux années de projet pilote, avant que les résultats soient soumis au conseil municipal.
Après deux ans d’expérimentation, trois démarches de consultation depuis 2022 et plusieurs interventions citoyennes au conseil municipal, le projet pilote arrive donc à une étape déterminante. Les élus doivent maintenant décider s’il existe toujours une formule permettant de concilier l’accès aux sentiers pour les utilisateurs de VHR avec les préoccupations de sécurité, de bruit et de qualité de vie exprimées par des résidents du secteur.
La cheffe de division des relations publiques à la Ville de Drummondville confirme au Vingt55 qu’une fois la décision prise, les citoyens concernés seront informés de l’avenir du projet et des prochaines étapes, le cas échéant.






