Rénovation du Centre Marcel-Dionne : un projet de 48,5 M$ mérite une consultation citoyenne, estime la conseillère Marie-Josée Lemaire

Rénovation du Centre Marcel-Dionne : un projet de 48,5 M$ mérite une consultation citoyenne, estime la conseillère Marie-Josée Lemaire

DRUMMONDVILLE

La conseillère municipale du district 2, Marie-Josée Lemaire, réclame une analyse plus approfondie du projet de rénovation du Centre Marcel-Dionne et une consultation citoyenne avant toute décision finale. Elle estime qu’un investissement de 48,5 millions de dollars doit être examiné sous tous ses angles, alors que d’autres voix du milieu, dont Marcel Dionne, remettent en question les retombées réelles du projet, notamment pour le centre-ville.

La conseillère municipale Marie-Josée Lemaire, réclame une analyse plus approfondie du projet de rénovation du Centre Marcel-Dionne @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

À l’instar du conseiller Mario Sévigny, de l’homme d’affaires Alain Carrier et de l’ex-conseiller Alexandre Desbiens, ainsi que de nombreux citoyens qui ont pris la parole sur la place publique depuis l’annonce du projet, elle intervient à son tour publiquement dans ce dossier qu’elle considère déterminant pour l’avenir des infrastructures sportives de Drummondville, tout en reconnaissant que les activités et les citoyens doivent continuer de pouvoir compter sur les installations actuelles pendant que la réflexion se poursuit.

Interpellée par le Vingt55, Marie-Josée Lemaire précise dans un premier temps qu’un investissement évalué à 48,5 millions de dollars doit faire l’objet d’une analyse approfondie afin de déterminer si la rénovation du Centre Marcel-Dionne, telle qu’adoptée par le conseil municipal et à laquelle le maire Jean-François Houle a récemment réagi dans nos publications, constitue réellement la meilleure option pour les citoyens ainsi que pour le développement sportif et économique de la ville.

Dans une lettre ouverte transmise aux médias et à la suite d’une entrevue téléphonique accordée au Vingt55, Marie-Josée Lemaire indique souhaiter une analyse complète des scénarios possibles ainsi qu’une consultation des citoyens avant que des décisions définitives ne soient prises. Elle affirme vouloir ainsi alimenter la réflexion publique autour d’un projet qui aura des impacts importants pour les contribuables et pour le développement futur de Drummondville.

Mme Lemaire rappelle que la Ville s’apprête à investir 48,5 millions de dollars dans la rénovation de l’aréna, une décision qui aura, selon elle, des conséquences financières importantes pour les contribuables, notamment en raison d’un emprunt qui pourrait s’échelonner sur une période de quarante ans.

Elle reconnaît bien sûr la nécessité de mettre le bâtiment actuel aux normes, de répondre au manque de temps de glace à Drummondville et d’offrir des installations mieux adaptées à l’équipe junior. Elle estime toutefois que l’ampleur du projet justifie une réflexion collective plus approfondie, précise la conseillère municipale.

« Chaque dollar investi provient des citoyens. Ils ont le droit de savoir si la rénovation représente le meilleur projet possible, au meilleur coût et avec les meilleures retombées pour la collectivité », explique la conseillère et entrepreneure d’expérience, qui souhaite voir le dossier être pris dans son ensemble pour l’intérêt de la municipalité, mais aussi des citoyens et des besoins réels du centre-ville.

Elle ajoute « qu’une décision d’une telle importance doit tenir compte non seulement des besoins actuels, mais aussi de l’avenir de la ville, de son économie et de ses infrastructures sportives ». Elle estime que la population devrait être consultée afin de s’assurer que les citoyens obtiennent le meilleur retour sur leur investissement. Elle indique qu’il en va notamment de ses engagements comme conseillère municipale, notamment en matière de transparence et de prise de décision comme élue.

La conseillère précise que plusieurs questions importantes demeurent relativement au projet lui-même, notamment quant au fait qu’il ne semble pas avoir fait l’objet d’une acceptation sociale importante.

Elle soulève notamment les interrogations suivantes « Est-ce que la rénovation d’un bâtiment vieillissant est vraiment la solution qui offre le meilleur rendement collectif ? Est-ce que cette décision maximisera les retombées économiques, sportives et touristiques à long terme ? Et est-ce que toutes les options ont réellement été évaluées ? »

Elle s’interroge également à savoir si ces questions ont fait l’objet d’une réelle consultation et si elles ont franchi le seuil de l’acceptabilité sociale devant un investissement aussi important.

Dans une mise à jour du dossier, elle souligne que certaines données utilisées pour justifier le projet remontent à 2012. Elle estime que près de quinze ans plus tard, les habitudes de loisirs, l’utilisation des infrastructures sportives et la dynamique économique du centre-ville ont profondément évolué.

Selon elle, la rénovation envisagée ne générerait pas de retombées structurantes importantes pour le centre-ville puisque l’emplacement et la vocation du bâtiment demeureraient les mêmes, sans élargissement significatif de l’offre sportive ni du rayonnement touristique, autant d’éléments qui, selon la conseillère, ont un impact réel et majeur sur le projet dans une vision 2026.

La conseillère évoque également la possibilité d’un financement différent. Elle affirme que des investisseurs privés pourraient être prêts à injecter des dizaines de millions de dollars dans la construction d’un nouvel amphithéâtre ou d’un complexe multisports moderne, ce qui ne serait pas envisagé dans le cadre d’une simple rénovation.

Elle soulève aussi la possibilité de demandes de financement tant au fédéral qu’au provincial, s’interrogeant sur l’empressement à privilégier une rénovation plutôt qu’une nouvelle construction. Certaines subventions provinciales et fédérales pourraient être accessibles pour une nouvelle infrastructure, ce qui pourrait réduire la part assumée par les contribuables.

« Pourquoi la Ville assumerait-elle seule un investissement de 48,5 millions de dollars alors que d’autres sources de financement pourraient être envisagées ? » demande-t-elle, évoquant la possibilité que des sommes importantes soient laissées de côté si ces avenues ne sont pas étudiées.

Marie-Josée Lemaire estime également qu’une rénovation ne permettrait pas de répondre pleinement aux besoins futurs. Elle note notamment que la capacité prévue d’environ 3 122 sièges demeurerait inférieure aux exigences de la LHJMQ, fixées à 3 500 places, que le stationnement serait réduit et que le site actuel offre peu de possibilités d’expansion.

Selon elle, les Voltigeurs représentent un pilier identitaire pour Drummondville et méritent des installations à la hauteur de leur histoire et de leur public. Elle ajoute que les jeunes athlètes, les ligues locales et les familles ont eux aussi besoin d’installations modernes, sécuritaires et polyvalentes.

La conseillère rappelle enfin que la croissance de la population et l’augmentation de la demande pour les infrastructures sportives obligent la Ville à se projeter dans l’avenir. Elle estime qu’un complexe polyvalent et multisports moderne, offrant davantage de surfaces de glace et d’espaces communautaires, permettrait d’attirer plus d’événements et de générer des retombées économiques et touristiques supérieures à celles d’une rénovation.

« Il ne s’agit pas d’être contre le Centre Marcel-Dionne ni contre l’investissement public, mais d’être responsables, stratégiques et visionnaires. Pour Drummondville, le moment d’être ambitieux, c’est maintenant », conclut-elle.

Au-delà des chiffres, le Centre Marcel-Dionne demeure, selon le maire et plusieurs membres du conseil municipal, un pilier de la vitalité du centre-ville.

Comme le rappelait le maire Jean-François Houle au Vingt55, l’installation constitue selon lui avant tout une infrastructure sportive et communautaire essentielle pour la population locale. Chaque saison, environ 90 % des heures de glace seraient ainsi consacrées au hockey mineur, aux programmes scolaires et aux ligues locales, selon les estimations avancées par le maire et plusieurs élu(e)s.

Les critiques rétorquent toutefois que l’ampleur des investissements profiterait en bonne partie aux Voltigeurs et à la LHJMQ, notamment en raison des loges, des vestiaires, du gymnase, de la cafétéria et des espaces administratifs prévus dans le projet de rénovation. Le débat demeure donc ouvert quant à la répartition réelle des bénéfices entre le sport amateur, les activités communautaires et le hockey junior élite.

De son côté Marcel Dionne doute que la modernisation de l’aréna qui porte son nom puisse, à elle seule, relancer la vitalité du centre-ville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Marcel Dionne sceptique quant aux retombées

De son côté, l’ancien joueur étoile de la LNH Marcel Dionne doute que la modernisation de l’aréna puisse, à elle seule, relancer la vitalité du centre-ville et remet en question l’effet réel du projet de rénovation sur le secteur central de Drummondville.

L’ancien joueur étoile de la LNH et figure emblématique du hockey à Drummondville, Marcel Dionne, a pour sa part exprimée en entrevue au Vingt55 des réserves marquées quant à l’impact réel du projet de rénovation du Centre Marcel-Dionne sur la vitalité du centre-ville, un argument pourtant central dans la justification du projet municipal.

En effet, en entrevue au Vingt55, Marcel Dionne a laissé entendre que la situation actuelle du centre-ville demeure préoccupante et que la rénovation de l’aréna ne constitue pas, selon lui, une solution suffisante pour relancer l’activité commerciale. « Le centre-ville est déjà très tranquille, y’est mort, avait même affirmé M. Dionne. Ce n’est pas l’aréna qui va régler ça tout seul. »

S’il reconnaît l’importance du Centre Marcel-Dionne et des Voltigeurs pour la communauté, l’ancien hockeyeur estime que les retombées économiques demeurent limitées et qu’il ne faut pas s’attendre à un effet structurant automatique. « On dit que ça va aider le centre-ville, mais ce n’est pas sûr que ça va changer grand-chose. Il faut plus que ça pour faire vivre un centre-ville. »

Selon lui, la vitalité du secteur central repose sur un ensemble de facteurs et ne peut dépendre uniquement des activités sportives ou événementielles. « Il ne faut pas penser que ça va sauver le centre-ville. Ça prend un plan plus large que ça. »

Une vision plus large du développement

Marcel Dionne soutient que la réflexion autour du Centre Marcel-Dionne devrait s’inscrire dans une vision globale du développement urbain, incluant l’animation commerciale et l’attractivité du secteur.

Bien qu’il ait exprimé à plusieurs reprises son attachement au Centre Marcel-Dionne et aux Voltigeurs, il estime que les décisions prises aujourd’hui auront des impacts pour plusieurs décennies. « Un aréna, ça se construit pour longtemps. Il faut penser à l’ensemble de la ville et à ce qu’on veut pour l’avenir. »

Ces propos du joueur de hockey qui a fait rayonner Drummondville viennent également nuancer le discours voulant que la modernisation du Centre Marcel-Dionne constitue un levier majeur pour la relance du centre-ville, en rappelant que les défis du secteur commercial demeurent plus larges que la seule présence d’un amphithéâtre.

Dans ce contexte, Marcel Dionne insistait, sans revenir aujourd’hui sur ses propos et positions, sur la nécessité d’une réflexion approfondie afin que les investissements publics répondent réellement aux besoins futurs de la population et au développement urbain de Drummondville.

Ses positions viennent appuyer l’orientation et la sortie publique de la conseillère Marie-Josée Lemaire, ainsi que celles de différents intervenants et commerçants qui ont pris la parole à la suite de l’annonce du projet de rénovation. Pour eux, les enjeux, tant sportifs que financiers, demeurent des préoccupations importantes qui méritent toute la consultation souhaitée et exprimée par les citoyens depuis l’annonce du projet de rénovation par le maire et le conseil municipal.

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Éric Beaupré
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